

Je m'appelle Cornelia Findeisen.
En 2023, la presse m'a appelée « Judith », pour me protéger.
Aujourd'hui, je parle à visage découvert.
Judith, c'est moi.
Je suis Judith, lanceuse d'alerte.
Reconnue par le Défensur des Droits.
J'ai servi l'État pendant plus de vingt ans, dans des ministères et des collectivités, de gauche comme de droite. J'ai signalé ce que la loi m'obligeait à signaler.
J'ai fait mon dévoir.
Et j'ai découvert ce que cela coûte.
Aujourd'hui, j'en fais un livre. Parce que, au fond, cela nous concerne tous.
Parce que je ne veux plus rester seule. Ne plus me taire, ni me cacher.
Et parce que j'ai besoin de vous.
Pourquoi je sors de l'anonymat
Jusqu'ici, la presse m'appelait « Judith ». C'était un pseudonyme, pas un secret : mon identité se retrouvait facilement, et je l'ai accepté. Je n'ai pas honte de porter ce combat.
L'anonymat est l'une des protections que la loi prévoit pour les lanceurs d'alerte. Il nous a protégés, ma famille et moi, pendant un temps, des conséquences d'une exposition immédiate.
Mais cet anonymat a aussi été regulièrement bafoué. Par certains organes de presse d'abord. Puis, d'une certaine manière, il m'a réduit au silence. Un comble pour une lanceuse d'alerte.
Aujourd'hui, je ne veux plus me cacher. C'est pourquoi je m'adresse à vous désormais à visage découvert.
Ce que raconte le livre
Judith contre Goliath n'est pas écrit contre quelqu'un. Il est écrit pour quelque chose : pour que celles et ceux qui verront un jour ce que j'ai vu sachent à quoi s'attendre, et se sentent moins seuls que je ne l'ai été.
Pour chacun et chacune qui trouvent qu'aujourd'hui dans leurs organisations, dans le pays, quelque chose ne va pas.
Il raconte une consigne très répandue partout quand on monte en responsabilité, et que l'on apprend vite : « Pas de vagues ». Et ce qu'elle coûte, à ceux qui alertent comme à ceux qui se taisent.
Le livre ne commente ni l'instruction ni les procédures en cours.
Je fais confiance à la justice.
Pourquoi ce combat dépasse mon cas
La loi prévoit un statut pour les lanceurs d'alerte. Dans la vraie vie, elle ne protège pas : l'isolement, la perte de revenus, les frais de défense, la santé.
Aucun enfant ne rêve de devenir lanceur d'alerte. Et les adultes encore moins.
Un lanceur d'alerte ne demande ni gloire ni reconnaissance. Juste être respecté, protégé. Tant que ce ne sera pas le cas, les gens se tairont. Et notre Etat de droit en patira.
Il est temps que la peur change de camp.
Judith contre Goliath
Éditions Patchenco. En vente à partir du 14 octobre 2026, partout : Amazon, la Fnac, etc ... et toutes les bonnes librairies.

Ce que raconte le livre
En septembre 2023, elle est devenue « Judith ». Un pseudonyme imaginé par le journal Le Monde dans le premier article qui parle de « son » affaire au Havre, fief d’Edouard Philippe. Un faux nom pour la protéger de Goliath.
Goliath n’est pas une seule personne, aussi puissante soit-elle. C’est un système transpartisan où le service public se sert au lieu de servir.
Où tout le monde se couvre. Où l’intérêt général passe au second plan.
Pendant 22 ans, « Judith » a servi la France dans la haute fonction publique d’État et territoriale. Du Nord au Sud, de l’océan aux Pyrénées, des ministères aux collectivités locales, à gauche, au centre, à droite. Partout, elle a observé les rouages de la compromission : les recrutements de complaisance, les marchés publics dévoyés, le favoritisme ou le relâchement de la justice. Partout, les mêmes conséquences : harcèlements couverts, omerta, troubles psychosociaux… Elle a fait son devoir. En interne, d’abord, elle a signalé plusieurs dysfonctionnements, conformément à la loi.
Elle a réveillé Goliath. Au lieu de l’écouter, il a tenté de la broyer.
Pour ne pas tomber elle-même dans la compromission, elle n’a eu d’autre choix que de devenir lanceuse d’alerte. Et là, sa vie a basculé…
Aujourd’hui, « Judith » sort de l’ombre et redevient Cornelia. Elle raconte tout. Édifiant… et affreusement banal. Le vrai scandale, c’est que nous nous sommes habitués à ces outrances… En France, les caisses sont vides, mais la corruption déborde. Dans le secteur public comme dans le privé. Où s’arrêtera la lente corruption de nos valeurs ? Quel avenir choisissons-nous pour notre démocratie ? Ce livre est un état des lieux de la probité de ceux qui nous gouvernent.
L’AUTRICE :
Énarque, Cornelia Findeisen a consacré sa carrière au service du public. Directrice Générale Adjointe de grandes collectivités locales (Pau, Le Havre...), DRH à la Direction interministérielle du Numérique (DINUM), au sein des services du Premier ministre jusqu’en juillet 2026, elle s’est spécialisée dans le management agile, la transformation et l’innovation pour redynamiser l’action publique.
Franco-Allemande, mère de trois enfants, conférencière, elle a été reconnue lanceuse d’alerte par le Défenseur des Droits en 2025.
Au delà du livre : le mur procédural
Ce n'est pas le cœur du livre. Je montre ces procédures ici parce que tout lanceur d'alerte les rencontre, et que peu le savent.
Après l'alerte, il faut engager, suivre et parfois subir des procédures pénales, administratives et sociales, qui durent des années. Sans énergie, sans argent, sans connaissances juridiques, sans appuis, il est presque impossible de tenir. Le lanceur d'alerte est seul devant ce mur.
En face, la partie adverse est le plus souvent portée par une institution ou une entreprise, et ses frais sont très souvent pris en charge par de l'argent public. Votre argent sert leur défense.
L'alerte du Havre : ce que j'ai dû engager
Saisine du Défénseur des Droits en mars 2023. Reconnue lanceuse d'alerte en janvier 2025.
Deux procédures pénales
Une plainte simple en septembre 2023, puis avec constitution de partie civile (19 juin 2025). Le parquet national financier a requis le 7 mai 2026 l'ouverture d'une information judiciaire, pour cinq qualifications pénales (communiqué du PNF du 19 mai 2026). L'instruction est ouverte, deux juges d'instruction sont désignés et j'ai été entendue le 10 septembre 2026.
Une plainte contre X pour divulgation et utilisation de données confidentielles et de santé me concernant. En cours.
Une procédure administrative
Tribunal administratif de Rouen : jugement du 19 décembre 2025, qui a rejeté l'ensemble de mes demandes. J'ai fait appel devant la cour administrative d'appel de Douai. L'appel est en cours.
Une procédure devant le juge social
Tribunal judiciaire du Havre, pôle social : jugement du 5 mars 2026. Le tribunal reconnaît le lien entre mon effondrement et mes conditions de travail, mais refuse de retenir l'accident du travail, faute de caractère soudain. Il évoque une possible maladie professionnelle. Je n'ai pas fait appel : j'ai engagé une demande de reconnaissance de maladie professionnelle, une tout autre procédure à reprendre de fond en comble.
L'alerte aux services du Premier ministre : une nouvelle série de procédures
Un signalement fait auprès de l'Agence Française Anticorruption, en novembre 2025, jugé d'intérêt, et transmis par elle à la Cour des Comptes.
En cours.
Défenseur des Droits, saisi depuis novembre 2025, en cours d'instruction.
Une procédure pénale, engagée en septembre 2026, pour harcèlement moral et représailles contre une lanceuse d'alerte. En cours.
Une procédure administrative, devant le tribunal administratif de Paris. En cours.
Une procédure devant le tribunal judiciaire, pôle social, pour la reconnaissance d'un accident du travail. En cours.
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Toutes ces procédures sont en cours, sauf mention contraire.
Mon cas réunit presque toutes les étapes qu'un lanceur d'alerte peut avoir à franchir. Je les présente ici telles qu'elles sont, sans rien commenter de ce que les juges décideront.
Si je continue ce combat, ce n'est pas par esprit de revanche. C'est parce que se taire, ou renoncer, reviendrait à accepter un système dans lequel ceux qui parlent prennent tous les risques, seuls.
Judith contre Goliath continue.
Procédures que je subis ou que je dois provoquer pour me défendre
Une procédure pour faire annuler mon statut
La communauté urbaine du Havre a saisi le tribunal administratif de Paris pour faire annuler l'avis du Défenseur des droits qui me reconnaît lanceuse d'alerte. Le tribunal a rejeté sa demande le 15 juillet 2026 et l'a condamnée à me verser 1 800 euros. Elle n'a pas fait appel.
Je considère cette procédure comme une procédure-bâillon au sens du droit européen. C'est aussi l'avis de la Maison des Lanceurs d'Alerte. Même rejetée, elle m'a coûté du stress, de l'argent et de l'énergie.
Quand mes droits de lanceuse d'alerte ne sont pas respectés.
Je dois aussi intervenir quand la presse ne respecte pas mon anonymat, quand je n'ai pas pu répondre avant publication, ou quand la partie adverse me dénigre.
Des droits accordés à l'autre partie, refusés à moi
La communauté urbaine du Havrre a accordé la protection fonctionnelle à des collègues concernés par l'affaire. Elle a aussi voté la prise en charge des frais de déplacement de témoins. Ces droits m'ont été refusés.
Elle a également voté une protection juridique pour les élus visés par ma plainte. Une telle protection ne peut pas être accordée quand les faits visés sont détachables du service. J'ai dû intervenir, à mes frais, pour la faire retirer.
Je ne suis pas seulement Judith.
Judith est un combat, pas toute ma vie. Je suis mère de famille nombreuse et épouse. Je suis haute fonctionnaire depuis plus de vingt ans. J'accompagne, individuellement et collectivement, des leaders et des dirigeants. J'enseigne, je donne des conférences, et j'écris aussi sur d'autres sujets : la résilience et le leadership. Des articles, des chapitres dans des ouvrages collectifs, et dans mon livre : « Résilience et leadership, sans blabla ! Les leaders racontent. » (JDH Éditions, 2021).
Avec Houria AOUIMEUR j'ai cofondé ERIN Alliance, un fonds de dotation européen qui promeut la protection des lanceurs d'alerte.
J'ai également cofondé l'association L-Impact, qui ouvre les portes de la tech, de l'IA et de l'entrepreneuriat aux filles et au femmes.
Comment soutenir et s'associer à mon combat
Soutenir ERIN Alliance, fonds de dotation
Avec Houria Aouimeur et Christian Julhia, tous deux lanceurs d'alerte reconnus, nous avons co-fondé ERIN Alliance, un fonds de dotation à vocation européenne.
Son objet : Protéger les lanceurs d'alerte, faire connaître la cause de la lutte anti-corruption et faire bouger les lignes.
Encourager
Quand on est lanceur d'alerte, on traverse de grands moments de solitude. Un message de soutien, une marque d'encouragement, tout cela me donne la force de continuer.
Faire un don pour aider à financer les procédres en cours et à venir liées à mes alertes
Les procédures sont longues et coûteuses, et je les mène seule. Elles n'en sont qu'à leurs débuts, et j'ai déjà payé plus de 60 000 euros de frais (avocats, consignations, etc). Ce chiffre n'inclut pas les pertes de revenus liées à mes alertes.
Aider à payer les frais d'avocats et de justice est indispensable pour que le combat continue.
Signer la pétition appelant à une vraie protection des lanceurs d'alerte
Selon Transparency International, la France obtient 66/100 à l'indice de perception de la corruption 2025.
Une dégringolade.
© 2026 Cornelia Findeisen


